Discours du président Ouattara

Madame et Messieurs les Présidents des Institutions de la République;
Monsieur le Premier Ministre;
Mesdames et messieurs les ministres;
Mesdames et messieurs les membres du Corps diplomatique accrédité en Côte
d’Ivoire;
Mesdames et messieurs les membres de la grande famille de la diplomatie ivoirienne;
Mesdames et messieurs ;
Chers amis de la Côte d’Ivoire,

Je vous invite à bien vouloir observer une minute de silence en la mémoire de Monsieur Claude Béké, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères ; et aussi en la mémoire de tous les diplomates qui nous ont quittés récemment. Je vous remercie.

Dans son intervention, tout à l’heure, Monsieur le Ministre des Affaires Etrangères, a rendu un hommage mérité à l’Ambassadeur Béké, un Grand serviteur de l’Etat. Je voudrais à nouveau, exprimer ma compassion à la famille du défunt ainsi qu’à la grande famille de la Diplomatie ivoirienne.

Honorables invités,

Mesdames, messieurs,

Je voudrais, demander à Monsieur l’Ambassadeur de la République du Portugal, de réitérer mes félicitations à Monsieur le Premier Ministre Antonio Guterres, qui vient d’être désigné, par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, pour devenir le prochain Secrétaire Général de l’ONU.

Je voudrais lui exprimer nos voeux de réussite et l’assurer du soutien de la Côte d’Ivoire, à l’occasion de l’élection à l’Assemblée générale des Nations Unies, que je souhaite par acclamation.

Nous travaillerons étroitement avec Monsieur le Premier Ministre Guterres et nous sommes persuadés, que sa grande expérience et ses qualités reconnues de négociateur seront des atouts importants, pour poursuivre la modernisation de l’ONU, la réforme du Conseil de Sécurité, et la pacification du monde. L’Afrique attend beaucoup de lui sur toutes ces questions.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Le 22 septembre 2016, à la tribune de l’Assemblée générale des Nations Unies, j’ai invité les Etats membres de notre Organisation mondiale à élire la Côte d’Ivoire en juin 2017 au Conseil de Sécurité des Nations Unies, en qualité de membre non permanent, pour la période 2018-2019.

Aujourd’hui, j’ai le plaisir de procéder au lancement officiel de la campagne de mon pays.

Notre candidature dépasse le cadre de la Côte d’Ivoire, puisqu’elle a été endossée, à l’unanimité par les Etats membres de la CEDEAO, puis de l’Union Africaine. Elle représente donc, désormais, le choix de l’Afrique.

Je voudrais saisir cette occasion, pour remercier l’ensemble de mes pairs, mes frères et soeurs Chefs d’Etat de la CEDEAO et du continent, pour la confiance qu’ils ont bien voulu placer en la Côte d’Ivoire, afin de garder le Conseil de Sécurité mobilisé sur nos préoccupations sécuritaires communes, qui constituent malheureusement l’essentiel de son activité ces derniers temps.

Le poids de l’Afrique dans l’agenda du Conseil de Sécurité souligne l’urgence d’imposer la paix dans de nombreuses régions de notre continent, et l’importance de continuer à nous mobiliser pour préserver la dynamique de développement en cours en Afrique.

Notre candidature constitue une nouvelle étape dans l’affirmation du lien fort qui unit la Côte d’Ivoire et l’Organisation des Nations Unies, et qui s’est particulièrement révélé à l’occasion des crises que notre pays a traversées.

Oui, les Nations Unies et l’ensemble de la communauté internationale sont restés, depuis 2004, avec l’ONUCI, engagés aux côtés du peuple Ivoirien, pour préserver la démocratie et consolider la paix et la sécurité dans notre pays.

Nous ne pouvons évoquer ce lien, sans souligner avec fierté, le succès de l’ONUCI, cité partout en exemple, qui a permis au Conseil de sécurité d’écrire l’une des plus belles pages de son histoire des dernières décennies.

Ce résultat sans précédent apparait désormais dans l’histoire des opérations de maintien de la paix comme une véritable « success story ». Je voudrais donc profiter de cette rencontre pour renouveler nos remerciements aux Nations Unies ainsi qu’à tous les pays qui ont pourvu des troupes à l’ONUCI.

Notre fierté et le succès de l’ONUCI ne doivent jamais nous faire oublier que de nombreux citoyens de pays amis ont perdu la vie, sous le drapeau des Nations Unies, dans notre pays.

Je voudrais, au nom du peuple Ivoirien, leur rendre hommage et m’incliner devant leur mémoire. La sortie définitive de notre pays de l’Agenda du Conseil de Sécurité en juin 2017, avec la fermeture de l’ONUCI, sera l’occasion de poursuivre notre engagement en faveur du règlement des conflits du continent, à tous les niveaux.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

La Côte d’Ivoire dispose d’immenses atouts pour siéger à nouveau, avec efficacité, au Conseil de Sécurité des Nations Unies, vingt-cinq ans après son dernier mandat au sein de cet Organe.

A cet égard, je voudrais particulièrement rendre un hommage mérité aux pionniers de la diplomatie ivoirienne qui ont porté la voix de la Côte d’Ivoire dans les enceintes internationales, notamment aux Nations Unies. Je veux parler de leurs Excellences, Arsène Usher Assouan, premier Ambassadeur ivoirien à l’ONU et de Aké Siméon de vénérée mémoire. Je n’oublie pas Leurs Excellences Amara Essy, et Jean-Marie Kacou Gervais, dont je salue la présence dans cette salle.

J’associe à cet hommage tous nos diplomates aujourd’hui à la retraite qui ont donné à la diplomatie ivoirienne ses lettres de noblesse, et contribué au rayonnement de la Côte d’Ivoire dans le monde. Je salue également leur présence dans cette salle.

Je ne saurais oublier les Ambassadeurs en fonction qui représentent la Côte d’Ivoire aux quatre coins du monde ainsi que leurs collaborateurs.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Notre pays est porteur d’un idéal de paix universelle, grâce à la vision de notre Premier Président, le Président Félix Houphouët-Boigny, dans laquelle je m’inscris entièrement.

Le monde entier connait en effet, les valeurs humanistes véhiculées par le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix de l’UNESCO, qui a honoré les plus grandes figures de notre époque. On peut citer, sans être exhaustif, Nelson MANDELA, Yasser ARAFAT, Shimon Peres, le Cardinal Roger ETCHEGARAY et Mustafa CERIC, le grand mufti de Bosnie.

On peut également citer la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont la notoriété fait l’unanimité.

Nous sommes également les héritiers d’une longue tradition politique bien ancrée, de médiation dans les conflits de la sous-région et même au-delà, et d’un engagement constant en faveur de la sécurité collective dans notre espace communautaire.

Ainsi, nous pouvons affirmer, que depuis ses premiers pas sur la scène internationale, la Côte d’Ivoire a toujours accompagné le Conseil de Sécurité dans ses efforts de paix, en jouant un rôle actif et souvent discret, dans la prévention des conflits et le règlement pacifique des différends. Par ailleurs, notre pays n’a jamais hésité à s’investir dans les opérations de maintien de la paix comme au Congo, en Haïti, en Centrafrique et plus récemment au Mali.

Mesdames et Messieurs,

Notre pays veut et doit poursuivre son engagement en faveur de la paix, en apportant sa contribution aux décisions du Conseil de Sécurité des Nations Unies.

C’est tout le sens du nouveau mandat de membre non permanent que nous sollicitons auprès de vos pays.

Tirant les leçons de notre histoire, nous voulons, dans ce cadre, aider, à notre tour, d’autres peuples à retrouver la paix, en s’inspirant de notre cheminement. Nous voulons partager notre expérience en matière de sortie de crise, de maintien de la paix et de processus de désarmement, de démobilisation, et de réinsertion (DDR), afin de renforcer durablement, l’efficacité des Nations Unies sur d’autres terrains de conflit. Notre expérience de collaboration réussie avec l’ONUCI peut contribuer à faire évoluer fondamentalement les Opérations de maintien de la paix.

La Côte d’Ivoire ambitionne, pour cela, de prendre activement part à la réussite de ces opérations de maintien de la paix et de gestion post-conflit, qui représentent pour de nombreux peuples en zones de conflit l’unique espoir de retrouver la paix et la dignité.

Nous en avons les capacités et la volonté politique nécessaire. En effet, grâce à la montée en puissance de notre Armée et de nos forces de sécurité, notre pays se propose de fournir, aux casques bleus, de plus en plus de troupes aux Nations Unies et de renouer ainsi avec son passé de pays contributeur de troupes.

Mesdames et Messieurs, chers diplomates,

En 2018, le monde et l’agenda du Conseil de sécurité présenteront certainement de nouveaux défis et de nouveaux enjeux pour la paix et la sécurité. Compte tenu des violences auxquelles nos pays sont déjà confrontés, et afin d’épargner à notre siècle de nouvelles tragédies humanitaires, la Côte d’Ivoire entend porter la voix de la prévention.

Il s’agira pour mon pays d’inviter le Conseil de Sécurité à se pencher sur les facteurs qui pourraient engendrer les conflits de demain et les moyens à même de prévenir leur apparition ou d’en gérer les effets.

Je reste convaincu que le Conseil de sécurité des Nations Unies doit être principalement l’organe au sein duquel les décisions courageuses doivent être prises, pour éviter à nos peuples et à nos Etats, les conflits et les guerres, avec leurs lots de détresses et de souffrances.

C’est également au sein du Conseil de sécurité que le monde doit organiser la riposte collective contre le terrorisme. La Côte d’Ivoire ira au Conseil de sécurité, pour rappeler au monde que nous ne devons pas faillir dans notre lutte contre le terrorisme, qui a endeuillé tant de pays et que l’Afrique, qui n’est pas épargnée par ce fléau, attend un soutien encore plus important des grandes puissances.

Honorables invités,

Mesdames, messieurs,

La Côte d’Ivoire a vocation à bâtir la paix, à donner vie aux valeurs que nous avons gravées dans la Charte des Nations Unies.

Ces valeurs, nous les avons affirmées dans le projet de notre nouvelle constitution qui vient d’être adopté, par l’Assemblée Nationale et qui fera l’objet d’un référendum le 30 octobre 2016.

Notre volonté de siéger au Conseil de Sécurité reflète notre adhésion profonde à ces valeurs. Elle répond à notre souci de partager, avec la Communauté Internationale, notre expérience en matière de sortie de crise et de maintien de la paix. Elle traduit aussi notre engagement à faire progresser la paix, partout où les peuples en sont privés. Enfin, elle repose sur notre détermination à contribuer, aux côtés des autres Etats membres, à la réforme des organes des Nations Unies, y compris le Conseil de Sécurité.

Je voudrais donc en appeler à la mobilisation de toutes nos Missions Permanentes, Ambassades et Consulats Généraux, pour porter très haut notre ambition, afin qu’au terme du scrutin de juin 2017, l’élection de notre pays au Conseil de Sécurité se transforme en un véritable plébiscite.

Honorables invités,

Mesdames et Messieurs,

Je voudrais vous assurer que la Côte d’Ivoire travaillera étroitement et dans la transparence avec tous les membres du Conseil de sécurité. Elle sera accessible à tous ceux qui croient en la capacité du Conseil de sécurité à servir la cause de la paix et de la sécurité internationales.

La quête d’un monde en paix et en sécurité est notre objectif à tous. C’est un objectif que nos devanciers ont assigné au Conseil de sécurité et que mon pays aspire à porter, afin d’être au service de tous.

Sur le chemin qui la mènera au Conseil de Sécurité, la Côte d’Ivoire a besoin du soutien de tous ses amis.

C’est pourquoi, je voudrais inviter le Corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire à être des Ambassadeurs de la Côte d’Ivoire auprès de leurs différentes capitales respectives à l’effet d’obtenir leur soutien à la candidature de la Côte d’Ivoire.

J’invite vos pays et l’ensemble de la Communauté Internationale à soutenir, en juin 2017, la candidature de la Côte d’Ivoire, lors de l’élection des membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, pour la période 2018-2019.

Je vous remercie.